Une championne  chez  GMF : Lénaïg Corson

Lénaïg Corson, est une joueuse de l’Équipe de France de rugby à 7 et à XV, mais elle est aussi salariée chez GMF. Après avoir ramené une médaille de bronze de sa 1ère Coupe du Monde de rugby et quelques semaines de repos bien mérité,  Lenaïg, en pleine forme, nous accueille dans son bureau.

Félicitations pour cette 3ème place en Coupe du Monde ! Comment as-tu vécu ta première coupe du monde de rugby en Irlande cet été ?

Le premier sentiment qui me vient, c’est la formidable aventure humaine que nous avons vécue. Nous avions énormément préparé la compétition, avec beaucoup de rassemblements en amont. Cette coupe du monde, c’était pour nous, la récompense que nous attendions depuis longtemps : chacune d’entre nous avait hâte d’y être, d’en découdre et de tout donner.  

Et au niveau de la compétition, comment cela s’est-il passé ?

Au début, pendant les matches de poule, tout s’est bien engagé. Nous étions en confiance et avions pris beaucoup de plaisir. Nous étions en place dans le jeu, imposions notre rythme… les sensations étaient géniales, sur le terrain, mais aussi  en dehors du terrain.

La troisième place… les médias parlent pour nous de malédiction et on peut le comprendre. Sur huit éditions, nous avons fini à sept reprises dans les quatre premiers… Pourtant cette fois-ci, nous pensions vraiment aller en finale. On y croyait dur comme fer.

Après avoir battu l’Irlande, tous les espoirs étaient permis. Contre l’Angleterre, on avait le couteau entre les dents, la finale était pour nous, nous en étions convaincues.

Malheureusement, il a beaucoup plu, et nous n’avons pas su adapter notre jeu.

Pour moi, le match se joue en première mi-temps. On ne marque pas sur nos temps forts, malgré 83% de possession de balle pendant les 20 premières minutes. Nos quelques occasions ne vont pas au bout et en touche on perd 6 ballons, 6 occasions de lancer notre jeu correctement… beaucoup trop pour espérer gagner. Les anglaises maitrisent leur jeu, gèrent le pied comme elles le veulent, elles ont fait leur match mais elles peuvent aussi remercier la pluie…

- Qu’est-ce que cette expérience t’a appris ?

Sur une compétition comme la Coupe du Monde, j’appréhendais un peu d’avoir un match tous les 4 jours (d’habitude, les périodes de récupération chez les filles sont d’une semaine). Je me demandais comment mon corps allait réagir et encaisser la charge physique. Mais avec l’adrénaline, on est plus porté par la tête que par le corps !

La préparation Coupe du Monde a parfois été dure mentalement. Avec du recul, je me dis que rien n’est impossible si l’on s’en donne les moyens. Il peut nous arriver d’avoir des doutes avant la compétition, mais il faut être prêt le jour J.

- Que représente pour toi le fait de figurer dans l’équipe type de la compétition ?

Je me suis distinguée parce que l’équipe m’a aidée à me sentir bien dans le jeu. Je pratique un sport collectif et l’individualité n’a pas sa place : je ne serai rien seule. Le staff m’a également apporté beaucoup de confiance. Match après match, j’ai senti que je montais en puissance. J’étais heureuse de vivre cette aventure, avec ce groupe bienveillant et attentif à chacun. C’est peut-être pour ça que je me suis autant épanouie sur le terrain.

Ce dont je suis peut-être la plus fière, c’est la force du groupe à se remobiliser après le match contre l’Angleterre… on était complètement éteintes, tellement déçues et frustrées après l’analyse vidéo. 4 jours après on rejouait … On a retrouvé le réconfort dans le groupe, dans cette aventure humaine vécue toutes ensemble. On voulait continuer à faire vivre notre projet de jeu et ne rien lâcher mentalement. Cette équipe de France est forte et va encore progresser.

- Ou vas-tu mettre ta médaille ?

Bonne question ! (rires) Après la Coupe du Monde, je suis rentrée chez moi en Bretagne pour revoir mon entourage et profiter de ce retour aux sources. Pendant une semaine, ma médaille n’a pas quitté mon sac à main. Ma famille et mes amis étaient heureux de la toucher ou de prendre des photos avec. Je l’ai également ramenée au bureau ou mes collègues m’ont accueilli en grand ! J’ai même reçu pendant la compétition des messages d’encouragement de certains collègues que je ne connaissais pas. Cela faisait plaisir de sentir leur soutien

- Comment ont réagi tes proches pendant cette Coupe du Monde ? Étaient-ils dans les tribunes pendant les matchs ?

Ça n’a pas été facile d’avoir des places pour les matchs de poules. On jouait dans des petits stades et les places sont vite parties. Mes parents avaient prévu de venir m’encourager. Ils m’ont suivie à Dublin et Belfast. Après le match contre l’Angleterre, ça m’a fait beaucoup de bien de trouver le réconfort auprès de mes proches. Ils m’ont aidée à passer à autre chose après cette énorme déception. Les amis qui n’ont pas pu venir ont suivi notre aventure à la télé. C’était super de pouvoir être diffusées sur France 2 et France 4 en prime time : 3,52 millions de téléspectateurs quand même ! Du jamais vu au niveau mondial pour le rugby féminin !

- Quels sont tes prochains grands objectifs ?

Pour la quatrième année consécutive, je vais signer un contrat semi professionnel à 75% avec la FFR. J’intègre le centre d’entrainement avec l’équipe de France à 7 à Marcoussis à la mi-octobre. L’objectif de fin de saison est de jouer la Coupe du monde à 7 qui aura lieu à San Francisco en Juillet 2018. J’ai également pour objectif de jouer les phases finales avec mon club du Stade Rennais Rugby. Nous avions échoué la qualification à un point l’an dernier.

- Tu es également sous contrat avec GMF à 25%, quelles sont tes missions ?

Il était important pour moi d’exercer une activité professionnelle en lien avec mes études.

En juin 2014, j’ai obtenu mon diplôme de Master 2 en Management du Sport Option Evénementiel. Depuis octobre 2016, je suis chef de projet à temps partiel dans le service Partenariats sportifs et relations Publiques de GMF. Ma mission première est de valoriser les partenariats rugby de GMF avec les clubs corpos : Le Rugby Club de la Marine nationale, la Gendarmerie, l’Armée de Terre, le XV Parlementaire, le XV de l’Elysée, et de participer à l’organisation d’évènements. Le dernier en date étant le CNSD GMF Rugby Sevens en septembre, un tournoi de rugby à 7 entre les Pompiers,  la Police et les militaires.

Je travaille également sur les réseaux sociaux Assurement-rugby.

Je suis donc complètement dans mon élément !

- Tu vis entre Rennes, ou tu joues en club et Paris ou tu travailles. Pas trop dur de tout concilier ?

Cela demande une organisation optimale. Il est vrai qu’entre GMF, l’Equipe de France et le club, ça fait beaucoup de trajets et c’est l’opération commando pour trouver un week-end de libre (rires). Quand je joue en club, nous passons beaucoup de temps sur les routes en train ou en bus avec des matchs à Montpellier, Lille, Toulouse, Bayonne…! Avec l’équipe de France à 7, on se déplace souvent à l’étranger. Nous partons bientôt en Afrique du Sud pour un stage de préparation physique en altitude. Ensuite, nous irons à Doha pour un stage sous grosse chaleur…donc un emploi du temps très rythmé qui laisse peu de place à une vie sociale mais je fais en sorte de tout conjuguer

Chez GMF, j’ai un contrat bien spécifique, créé spécialement pour moi. Mes heures de travail sont adaptables selon mes obligations sportives et les compétitions. Après mes périodes de compétition, je reviens toujours avec grand plaisir au travail. L’équipe dans laquelle je travaille me soutient dans ma carrière sportive et sait me briefer efficacement lorsque je reviens. Il faut savoir prendre le train en route !

Je suis consciente de la chance que j’ai de pouvoir vivre de ma passion. J’essaie donc de me donner les moyens et de profiter au maximum.

(crédit photo : I.Picarel)