En France, le rugby féminin poursuit sa percée !

Un peu plus de deux ans après le succès de la Coupe du monde en France, où en est le rugby féminin français ? Le point sur l'évolution de la pratique et la médiatisation de ce sport.

En août 2014, l'organisation de la Coupe du monde en France a propulsé le rugby féminin dans une ère nouvelle. Pendant 15 jours, le public tricolore a assisté à la naissance populaire et médiatique du XV de France féminin, conclue par une méritoire troisième place face à l'Irlande. Sans précédent, cet engouement pour les Bleues a atteint son pic lors de la demi-finale, perdue de justesse face aux Canadiennes (18-16) devant les 17 000 spectateurs du stade Jean Bouin. Près de 2,2 millions de téléspectateurs ont également suivi la rencontre derrière leur écran, soit presque autant que lors de la victoire française face à l'Australie lors du dernier match de poule.

Jusque-là, l'Équipe de France féminine de rugby était plutôt habituée à un relatif anonymat. Entre son premier match officiel en 1982 et la première rencontre télévisée en 2012, 30 années se sont écoulées durant lesquelles elle a pourtant brillé au niveau international. En 35 années d'existence, le XV de France féminin a terminé cinq fois troisième de la Coupe du monde et remporté autant de tournois des 6 Nations, dont quatre par Grand Chelem. Avant la prochaine Coupe du monde en Irlande en août 2017, trois matchs de haut niveau attendent les Françaises en novembre : le 9 à Londres contre l'Angleterre championne du monde en titre, puis les 22 et 25 à Béziers et Montpellier contre la redoutable équipe des États-Unis. Autant de rencontres à suivre en direct sur France 4.

Un tiers de joueuses en plus depuis 2014 en France

Cette année, l’équipe de France féminine de rugby à 7 a réalisé un véritable exploit en se qualifiant pour les Jeux Olympiques. À Rio, les Bleues ont certes été stoppées en quart de finale, mais leur jeu a séduit le public français. Une nouvelle victoire pour le rugby féminin, qui n'en finit pas de gagner du terrain dans l'Hexagone. Depuis 2014, les clubs français ont enregistré un afflux massif de joueuses. En deux ans, leur nombre a augmenté d'un tiers pour s'établir aujourd'hui à près de 23 000, contre seulement 5 000 en 2004, d'après la Fédération française de rugby (FFR). Les jeunes catégories ont connu la hausse la plus significative avec un quart de licenciées en plus chaque saison. Si bien qu'aujourd'hui, 5 % des pratiquants en France sont des femmes.

Pour rendre le rugby féminin encore plus attractif, la FFR a entrepris il y a deux ans une refonte du championnat français, désormais connu sous le nom de TOP 8. Après la retransmission du tout premier match de championnat en direct le 11 janvier 2015, Eurosport partage à présent avec France 4 la diffusion de plusieurs rencontres du TOP 8, dont l'intégralité des phases finales. Il faut dire que les huit clubs de l'élite française affichent un niveau de jeu de plus en plus élevé grâce, notamment, au travail de formation des quatre pôles espoirs et du pôle France ainsi qu'à l'arrivée de joueuses étrangères. Et à l'image de son pendant masculin, le TOP 8 réserve chaque année son lot de surprises, comme le premier sacre de Lille face à Montpellier la saison dernière.

Lénaïg Corson, joueuse du Stade Rennais Rugby mais également Internationale au sein du XV de France et de l’Équipe de France à 7, nous donne sa vision des choses :

« Effectivement, le championnat de France Top 8 devient de plus en plus compétitif saison après saison et attire de plus en plus de joueuses étrangères. A l’image de mon club, le Stade Rennais Rugby, qui accueille cette saison 6 internationales italiennes et 2 internationales fidjiennes ayant participé aux derniers Jeux Olympiques de Rio. »

« La Coupe du monde féminine en 2014 à Paris a marqué un véritable tournant dans notre sport. On a ressenti un avant et un après Coupe du monde ! Les gens aujourd’hui ne sont plus (ou moins) interpellés quand on leur dit que l’on pratique le rugby. La médiatisation télévisuelle a joué en notre faveur. Je pense que l’Équipe de France a conquis le cœur des français par son jeu « à l’ancienne », un jeu plus aéré, moins figé et par son état d’esprit. »

« Petit à petit le rugby féminin se structure et tend à une meilleure préparation vers le haut niveau. La Fédération Française de Rugby a mis en place un centre d’entraînement féminin sur Marcoussis en Septembre 2014 en vue des Jeux Olympiques de Rio 2016. Ce centre perdure et nous sommes aujourd’hui 18 filles semi-professionnelles. Un pôle France a lui aussi été mis en place l’an dernier. Les jeunes rugbywomen sont mieux accompagnées dans leur quête du haut niveau. Les joueuses de ma génération ont souvent connu le rugby sur le tard notamment via les études supérieures. C’est moins le cas aujourd’hui, les écoles de rugby accueillent tous les ans toujours plus de jeunes filles désireuses de jouer à la balle ovale. On voit arriver dans les clubs des filles mieux armées techniquement.»